Rémi Gaillard, un roi du burlesque couronné par le Net
Avec peu de moyens mais une bonne dose de culot, ce comique montpelliérain de 32 ans s'est fait connaître grâce à Internet. Ses petits films burlesques sont diffusés à la télé depuis Noël
Qui na pas encore reçu dans sa boîte à lettre électronique une de ses vidéos envoyée par un collègue hilare ? Rémi Gaillard est le nouveau phénomène Internet, un peu comme en 2006 Kamini, le rappeur des campagnes, et sa chanson Marly-Gomont, imposée par le seul public.
Rémi est son pendant humoristique. Ses dernières vidéos, Décathlon Pékin 2008, où on le voit, déguisé en gymnaste, disputant les différentes épreuves en plein centre-ville, ont été visionnées jusquà 500 000 fois par jour ! Son talent a naturellement fini par percer hors de la Toile : un célèbre équipementier, puis une marque de soda lui ont commandé des sketchs, et tout récemment lanimateur Marc-Olivier Fogiel et la chaîne Eurosport lui ont proposé un contrat.
Pourtant, il y a peu, ce « provincial inconnu du grand public » était RMiste, licencié dun magasin de sport pour sêtre absenté afin de regarder les Bleus gagner la Coupe du monde de football. Rémi sourit : « Jai toujours préféré mamuser que travailler. » Aujourdhui, il fait les deux avec une devise : « Cest en faisant nimporte quoi quon devient nimporte qui ! »
Un peu potache mais jamais vulgaire
En 1999, il sinvite sur les plateaux de tournage, comme à « Des chiffres et des lettres » où, perdu dans le public, il propose un « compte est bon » farfelu, avec un aplomb déconcertant. Mais son coup de maître reste le soir de la finale de la Coupe de France de football où il se fait passer pour un joueur de Lorient et serre la main de Jacques Chirac.
Depuis, il na cessé de récidiver dans des vidéos muettes à la Buster Keaton (son modèle), où, tour à tour, il verbalise une camionnette de police avec les agents au volant, annonce dans un magasin un rabais de 150 % ou fait irruption sur un terrain de chasse déguisé en lapin.
Lhumour sy veut « décalé », peut-être un peu potache, mais jamais vulgaire, et assurément désopilant. Son succès, il le doit uniquement à Internet, alors que le chemin convenu dun comique passe habituellement par Paris et la télévision. « Je me suis fait tout seul. Mon site, cest ma vitrine. Mes programmes ny sont pas formatés, explique Rémi. À la télé, je suis un parasite qui ne rentre pas forcément dans le moule. Ils se copient tous et on y voit toujours les mêmes. »
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Gwenaëlle MOULINS, à Montpellier

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