Une étude de Capgemini
Le comportement des jeunes face aux technologies à la loupe
Par Guy Hervier. Les entreprises vont être confrontées à deux problèmes majeurs dans les cinq années à venir. Elles vont devoir faire face à ce que certains appellent le papy krack (Connaissez-vous Bernard Spitz ?) et à l'arrivée de jeunes générations nées avec l'Internet et les technologies associées. Concernant le premier, elles vont devoir assurer le remplacement de compétences et d'expertises accumulées. Et par rapport au second,
elles vont devoir aménager les conditions de travail pour les faire accepter par les jeunes qu'elles souhaitent embaucher. CapGemini vient de publier une étude sur cette catégorie d'utilisateurs intitulée Digital Natives: How Is the Younger Generation Reshaping the Telecom and Media Landscape qui étudie la génération des 15-24 ans.
Pour ce qui concerne les technologies, la classification de Marc Prensky semble assez pertinente et est utilisée avec quelques variantes par les sociétés de l'Internet. Cette classification, comme la présente Louis Naugès sur son blog (Web 2.0, expliqué simplement !) comporte trois grandes familles :
- Digital natif : né avec la PlayStation, le téléphone mobile, la photo numérique, l'iPod. Pour lui, le courriel est déjà dépassé, remplacé par SMS, chats et autres outils synchrones.
- Digital Immigrant : né analogique, il a fait un effort pour s'adapter, mais gardera toujours son accent analogique.
- Analogiste : n'a pas encore pris le virage. Il fait lire ses courriels par sa secrétaire qui les imprime pour les lui transmettre. Il en reste, beaucoup, mais ils seront en minorité dans cinq ans.
Les digital natives sont l'objet de toutes les attentions des sociétés de l'Internet tout simplement parce que, dans ce domaine, ils sont plutôt en avance sur leurs aînés dans l'utilisation des nouvelles technologies. Parallèlement, ils devraient faire l'objet d'attention particulière de la part des entreprises qui souhaitent les embaucher à la fois au niveau des conditions de travail, de la culture d'entreprise et du mode de fonctionnement. Car ces facteurs seront sans doute importants que par le passé dans leur choix. Et ces dix dernières années, sous l'influence d'Internet et des technologies associées, l'environnement a été considérablement bouleversé.
Boomers, Gen X et Gen Y
En tant que société créée en même temps que le Web et dont le développement dépend totalement de celui du réseau des réseaux, eBay a engagé une réflexion approfondie sur la manière avec les internautes interagissent avec le média. Parmi les tendances de fond sur Internet analysées par eBay, l'une d'elles vise à bien comprendre la démographie des internautes qu'elle divise en trois catégories : les boomers nés entre 1940 et 1962, les Gen X entre 1963 et 1979 et les Gen Y entre 1980 et 1995. Les Gen Y couvrent un spectre un peu plus large que les digital natives qui représentent plutôt la seconde moitié de cette catégorie. Le spécialiste de la vente sur le Web s'intéresse particulièrement à la troisième catégorie dans la mesure où ses membres ont grandi avec le Web et commencent, pour les plus anciens d'entre eux, à entrer dans le monde du travail et ainsi à avoir leur propre pouvoir d'achat.
Au début, les activités sur le Web étaient disjointes. Chez cette dernière génération, les différentes frontières entre les activités de base - loisir, communication, information et socialisation - ont tendance à s'estomper. Par ailleurs, les situations sur le Web se font et se défont très rapidement. Qu'on en juge, sur les 10 premiers sites pour le trafic, on en trouve plusieurs dont les sociétés éditrices ont été créées ces deux ou trois dernières années.
Du Grand public vers l'entreprise
Jusqu'au milieu des années 90, les technologies de l'information entraient d'abord dans les entreprises pour être utilisées ensuite par le grand public. Ce qui fait que les entreprises étaient - sauf exception - en avance de phase et l'apprentissage se faisait d'abord chez elles. Aujourd'hui, on assiste à un renversement de ce mécanisme, notamment sous la pression des jeunes générations. Bien entendu, ce phénomène est lié aussi au fait que les coûts de toutes ces technologies ont considérablement baissé.
Pour s'en convaincre, Il suffit de se rappeler que le premier IBM PC en 1981 était de l'ordre de 50 000 francs (un peu plus de 7 500 euros). Et Lisa d'Apple, qui ressemble un peu plus à l'idée que l'on se fait aujourd'hui d'un ordinateur personnel, était de 80 000 francs (près de 12 500 euros) en 1983 lors de son introduction. Inutile de dire que ce fut un échec en raison de cette tarification extravagante. Le premier MacIntosh fut commercialisé un an plus tard à un prix plus raisonnable de 2 500 dollars, mais toujours prohibitif pour une diffusion en masse.
L'autre raison de ce renversement est que les technologies, matériels comme logiciels, sont aujourd'hui beaucoup plus simples à utiliser.
« Sans doute, mais il y a encore une différence d'approche. Dans l'IT traditionnel, l'interface est encore compliquée, rappelait Rob Levy, considère le CTO de BEA, dans une interview récente. (Rob Levy, CTO de BEA : Les DSI ne pourront pas résister au social computing). Dans le consumer, on n'apprend à se servir de YouTube ou de Facebook, on s'en sert. La magie pour que ces technologies réussissent est de masquer la complexité derrière, mais aussi leur objectif. Avec YouTube, vous n'avez pas besoin de comprendre comment ça fonctionne. Vous le faites, c'est tout à partir de quelques clics seulement. C'est une application qui n'offre qu'un service. L'utilisation de ce type d'application va exploser dans les entreprises avec l'arrivée des jeunes qui les utilisent dans leur vie de tous les jours. Il faudra que les entreprises s'adaptent à leur mode de fonctionnement multitâche, car ces jeunes qui arrivent dans le monde du travail ne supporteront pas le décalage entre les deux mondes.
On parle beaucoup de symptôme d'A.D.D (Attention Deficit Disorder) chez les jeunes, poursuit le CTO de BEA, mais c'est désormais leur manière de fonctionner. L'homme est naturellement multitâche et la technologie permet désormais de le faire. Bien sûr, certaines activités requièrent une attention plus soutenue. Nous sommes en train de passer de l'ère de l'automatisation à celle de l'interaction. Et si l'IT ne leur fournit pas tous ces outils, ceux que l'on appelle les Digital Natives (ou encore Gen Y) trouveront une alternative pour y avoir accès. Le social computing n'est pas une mode, c'est un nouveau mode opératoire. Jusqu'ici, les DSI (pour la plupart) interdisent l'utilisation d'application comme Facebook ou Twitter derrière le firewall de l'entreprise car ils affirment que c'est dangereux. Mais c'est peine perdue car ils ne pourront pas résister à cette vague. Par ailleurs, le social computing a beaucoup à offrir à l'entreprise ».
Contrôle, impatience, communauté et expression
Moins de TV, de radio et de journaux papiers, plus de messagerie électronique ou instantanée, de SMS, de jeux électroniques, de blog... La différence dans les usages est plus que significative. Aux Etats-Unis, par exemple, 75 % des teen-agers qui sont connectés (de 13 à 19 ans) utilisent la messagerie instantanée contre seulement 42 % chez les adultes. La communication textuelle est préférée à la communication orale car elle est non seulement moins onéreuse (les communications mobiles coûtent encore cher), mais elle est considérée comme moins intrusive.

En parallèle à l'utilisation de ces nouvelles technologies (et sans doute sous leur influence), les autres conclusions de l'étude de Capgemini mettent en lumière quatre caractéristiques dans le comportement des digital natives. D'abord, la volonté de contrôle (pour simplifier la génération du tout, tout de suite) avec la possibilité d'accéder et de communiquer avec les personnes de leur choix et ce, quel que soit l'endroit. Ensuite, l'impatience est caractérisée par un fonctionnement en mode multitâche, ce que les adultes considèrent souvent comme une incapacité à se concentrer. Troisième caractéristique, la volonté d'engager des relations et des interactions avec des communautés. Enfin, le dernier élément concerne le souhait de développer de la créativité et de l'originalité (pour être différent).
Les commentaires
Franchement, que du ressucé et du déjà vu / entendu depuis des années. Un compilation d'idées reçues et d'analyses bidons. J'espère que Cap n'a pas payé trop cher cette étude...
Par Phil le 07/01/2008 à 11:00
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le 08/01/2009 à 18:48